La société et le sexe

27 janvier, 2015

A l’heure où tout est disponible du bout des doigts, le sexe devient lui aussi un outil de consommation. On consomme de la relation, on se troque de la tendresse pour combler le néant profond de nos sentiments. C’est la boulimie des temps moderne, les sites de « rencontre » prolifèrent, le sexe sans sentiments est devenue quelque chose de banale et même l’adultère est revendiqué par cette nouvelle websociété (Gleeden). L’acte de reproduction à deux est devenue une distraction. On consomme du sexe comme on consomme une cigarette, j’allume puis j’écrase. Le contact avec l’autre nait d’un contrat tacite d’échange de bon procédé, se donner un peu de tendresse, d’écoute et soulager sa libido sans s’imposer à l’autre.

Face à cette nouvelle émergence c’est la déchéance dans les rues…Les boites de nuits cimetière de la retenue et dancefloor de la décadence, sont le lieu où les femmes se déhanchent à moitié dénudé tel des steak que l’on secouent devant le nez des fauves. Les mâles accourent la queue entre les jambes pour consommer cette délicate substance. Le moment de courtiser la belle est venue, d’un pas assurer le mâle sort sa carte bleu pour offrir à sa proie un doux breuvage. Une fois la belle ivre l’approche est plus facile et la soirée peut se conclure. Le lendemain quand la fille racontera sa soirée à ses amies elle saura mettre en évidence le fait qu’elle n’a pas dépensé un sous pour s’enivrer jusqu’à l’oubli et qu’ensuite elle a su profiter d’une nuit bien accompagnée. L’homme de son côté saura se contenter de cette nuit pour apaiser les douleurs de son porte-monnaie.

Et si on refuse de participer à ces jeux abjectes on n’oubliera pas cependant de noter l’essor incroyable des sites « dit de rencontre ». Entre les meetico-pervers et les serial tinder les relations hommes/femmes s’appauvrissent intellectuellement tandis que l’overdose de sexe se rapproche à grand pas creusant un peu plus le fossé de la différence des sexes.

Paradoxalement cette société perversifiée nous vend des comptes de fée comme idéal de vie, les films d’amour font un tabac puisque l’amour a déserté les coeurs. Le fantasme d’une vie meilleur est devenue le fond de commerce de la société où la réalité est à la surconsommation.

Les évolutions technologiques nous veulent toujours plus solitaires, désormais plus besoin de sortir de chez soi puisque tout nous y est livré. Mais la nature profonde de l’homme ne peut se faire oublier et la solitude étouffe ce peuple asservie par les technologies. On parle d’évolution et de progrès mais sur le plan des relations il s’agit plutôt d’une régression…