Erotisme

5 février, 2015

J’aimerai tendre la main pour sentir du bout des doigts la douceur de la vie,

Ouvrir la bouche pour m’enivrer de la délicate effluve du bonheur qui s’émane de nos corps,

Me perdre dans les sensations de nos coeurs qui battent à l’unissons, de nos âmes qui s’enlacent, d’un nous qui ne fait plus qu’un

Plonger dans nos fantasme pour sentir nos fluides fusionner, faire naitre en toi des désirs insoupçonnés pour nourrir, en moi, le feu ardent de mes envies.

J’aimerai apaiser l’ouragan de pensées qui agresse mon esprit, pour me livrer corps et âme dans une fusion délicate.

Espoirs ou désespoirs

4 février, 2015

J’ai envie que tu revienne, je ne pense qu’à une chose c’est te retrouver,

Que tu me prenne dans tes bras, que tu me sers fort, toujours plus fort et que tu me susurre à l’oreille combien tu m’aime,

J’ai envie de t’embrasser encore et encore, de sentir ton corps s’apaiser contre le mien,

De sentir tes mains glisser le long de mes reins et tes baisers embraser mon âme,

J’ai envie de te sentir vivre en moi et de me sentir vivre en toi, de me revoir dans tes yeux comme une personne unique,

De te dire combien je t’aime, de te soutenir et te tenir contre moi.

…..

…..

……

Si seulement tout ces mots pouvaient devenir une réalité tout ne serait pas aussi compliqué mais la vie en a décidé autrement alors désormais tout ce que je peux dire à ton sujet c’est :

J’ai envie que tu parte, de ne plus penser à toi,

Que tu me laisse enlacer quelqu’un d’autre avec autant de tendresse et lui susurrer à l’oreille de doux mots d’amour,

J’ai envie de ne plus avoir envie, de ne plus penser à ton corps, de ne plus penser à nos moments d’union charnelle,

De ne plus rêver tes mains sur ma peau, de ne plus désirer tes baisers qui me laisse l’amer sensation d’une brûlure en plein coeur,

J’ai envie de me sentir vivre sans toi et que tu regrette la vie sans moi, de voir dans tes yeux la tristesse t’envahir quand tu me regarde,

De te dire combien je t’en veux, j’aimerai que tu sente ce que je ressens, si seulement tu avais un coeur…

 

Amitié

3 février, 2015

Dans la vie il y a des hauts et des bas, depuis tout petit on te dit que ta famille c’est le plus important car elle sera toujours la pour toi. En effet on ne choisit pas sa famille, les liens du sang persisteront quoi qu’il advienne mais justement comme on ne choisit pas sa famille ce sont des liens imposés à nous qui ne nous renvoie en rien une image objective de nous même.

La jeunesse nous laisse croire que nous sommes exceptionnels, que toutes les personnes qui nous entourent persisteront à nos côtés alors que la réalité nous veux séparés. En grandissant chacun part étudier aux quatre coins du pays et parfois même aux quatre coins du monde puis les vies se construisent indépendamment les unes des autres. En prenant du recul on se rend compte qu’il ne reste plus beaucoup de personnes à nos côtés et que les gens que l’on pensaient être nos amis se sont finalement égarés sur les chemins sinueux de notre vie. Malgré ce constat je reste intimement convaincu que l’amitié est la plus belle preuve d’amour pour l’homme car c’est une preuve objective d’une réalité subjective. Quoi de plus objectif qu’une tiers personne sans lien familiale avec nous ? Quoi de plus subjectif qu’un sujet lui même pris dans un instant isolé ?

Nos amis sont finalement les seuls être à nous connaitre vraiment sans vraiment nous connaitre. Et pourtant je suis persuadée que nos vrais amis sont les seuls que nous n’avons pas besoin de connaitre, nous les comprenons, nous les vivons, nous les aimons.

 

 

Vice de Vie [Essai n°2]

2 février, 2015

Il est 20h quand Antoine fini sa journée. Fatigué, épuisé, lessivé, ou même vidé sont autant d’adjectifs qui pourraient le qualifier. Au volant de sa Porshe il fend la nuit tel un aigle qui fend le ciel. Sur un fond de musique classique il s’évade quelques instants…

Arrivé chez lui, il pousse la porte avec faiblesse et désespoir pour retrouver le néant de sa vie. Antoine à vendu tout ce qui meublé l’intérieur de son appartement, soit disant, pour retrouver une certaine liberté. Il pénètre à l’intérieur en trainant des pieds pour aller rejoindre l’unique fauteuil présent dans la pièce. Il s’écrase lourdement dans le fond de son fauteuil, se saisit de la bouteille de chartreuse restée posée là et se sers un verre.
C’est dans cette pièce vide et en savourant cette délicate substance qu’il est confronté à sa propre réalité. Antoine est seul et rien ne pourra changer cela. La solitude physique qui l’entoure désormais n’est que le symbole de son néant émotionnel, de son refus d’attache au monde qui l’entoure. Et pourtant en cet instant, il décide de prendre son I-phone pour contacter son ex-compagne. D’un simple message il retrouve le sourire, d’une simple réponse il se sentirait comblé. Depuis qu’il a quitté Johanna sa vie ne tourne plus rond mais difficile de faire face à cette réalité. Difficile car Antoine n’aspire qu’à une chose : la liberté. Il définit cette liberté comme une indépendance inébranlable envers tous ce qui l’entoure. Dans cette quête sans fin il a mis un terme à toutes ses relations, de la simple relation amicale en passant par celles amoureuses sans oublier celles familiales. Actuellement si on devait définir Antoine en 1 mots ce serait sans hésiter le terme d’égoïste qui lui collerait à la peau.

Cela fait maintenant 3 mois qu’il a quitté Johanna sans aucune raison et sans aucune explication et pourtant chaque soir il ne pense qu’à elle et chaque jour il n’espère qu’elle. Johanna c’est une jeune femme qu’il a rencontré un soir dans un bar, elle est grande, fine, avec d’immenses yeux bleus et une bouche bien dessinée. Les cheveux courts elle revendique sa différence et d’un sourire elle éblouie son entourage. Cette rencontre, Antoine n’a jamais voulu la voir comme une rencontre amoureuse, comme un coup de foudre. Pour se protéger de ses sentiments et de la dépendance qu’impose l’amour, il a refusé de Johanna tout attachement. Mais le temps renforce les sentiments et après quelques mois de relations Antoine à dû faire face à ce qu’il ressentais. Ensemble ils ont vécu une histoire bien particulière entre amour et interdits. Pris dans une ambivalence émotionnelle entre son besoin de liberté et son amour pour elle, il a fini par la quitter sans avoir la force de lui dire les choses en face.

C’est donc seul face à ce verre de chartreuse qu’il repense à tout ces moments passés aux côtés de Johanna, à son sourire, à son regard, à ses cheveux. C’est dans ce moment en suspens qu’il ressent son odeur et qu’il se remémore la chaleur de son corps et la douceur de sa peau. C’est à ce moment-là, et seulement à ce moment-là qu’il prend conscience de son erreur. Il lui envoie un sms, sms que l’on pourrait trouver tout à fait banale mais qui pourtant, venant d’Antoine, signifiait beaucoup…

 

 

Il est 20h lorsque Johanna sors de cours, elle quitte l’université d’un pas pressé pour enfin se reposer d’une journée bien chargée. Une fois chez elle, elle se prépare une soupe qu’elle sirote allongée sur son canapé en regardant la télé. Ces images qui défilent à toute vitesse devant ses yeux, l’incitant à consommer toujours plus et à croire en des fantasmes absurdes lui font repenser à Antoine. Avec Antoine elle avait su trouver un équilibre entre son désir de changer la société et son rejet de la conception de couple qui lui était imposé. Dans une relation passionnée, bien que complexe, elle a su découvrir les joie de l’indépendance et retourner à ses désirs  les plus primaires en lien avec la nature. Lorsqu’Antoine l’a quitté sans la revoir, Johanna a traversé une longue période de doute, effondrée elle ne croyait plus en rien. Elle a refusé les attentions qu’on lui portait et elle s’est enfermée dans sa solitude pour se protéger. 3 mois ce sont maintenant écoulés depuis la séparation. Johanna va mieux et lorsqu’elle repense à Antoine c’est avec une certaine amertume relevée d’une pointe de nostalgie. Cela fait maintenant un certains temps que Johanna a abandonné l’idée de le revoir et d’obtenir des explications.

Il est 21h lorsque son téléphone sonne, Johanna tend maladroitement son bras pour attraper son portable posé sur le coin de la table basse.  Elle se redresse pour lire ce sms qu’elle vient de recevoir. A la vue du message son corps se raidit, son visage se fige, ses yeux s’écarquillent, Johanna se frotte les yeux, elle n’y croit pas. Abasourdie elle reste un moment immobile, tenant son portable à bout de doigts l’écran affichant le message d’Antoine : « J’aimerai te revoir ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un soir, une rencontre… [Essaie n°1]

27 janvier, 2015

Il est 19h quand je quitte l’université pour me rendre chez moi. Emmitouflée dans ma doudoune, ma grosse écharpe autour du cou, je brave fièrement la pluie et le vent glacial de ce jour. Je parcours d’un pas assurée les 500 mètres qui me séparent de mon appartement, a chaque pas je m’enfonce un peu plus dans mon écharpe. Arrivée dans le hall je ne regarde plus dans la boite aux lettres comme à mon habitude depuis qu’Antoine m’a quitté, non j’ai décidé de passer à autres chose. Je monte lentement les 2 étages puis tourne délicatement la clef dans la serrure, la porte s’ouvre. Je soupire, enfin de retour chez moi…Mais pourtant un sentiment insatiable de solitude m’envahie. Qu’est-ce que je fais là ? J’arrache mon écharpe et défait mon manteau que je jette maladroitement sur le canapé puis je me sers un verre d’eau et m’assoie pour savourer une dernière cigarette accompagnée de ma solitude. Les volutes de fumés s’élèvent dans l’air et c’est avec amusement que j’observe ces anneaux brumeux s’envoler, s’enlacer pour enfin disparaitre. N’est-ce pas ça la vie finalement ? La naissance puis l’envol de l’homme pour enfin disparaitre et redevenir poussière ?

Les pensées se bousculent dans mon esprit, incapable d’y faire face je décide de m’échapper. Je reprends mon manteau, j’enroule mon écharpe autour de mon cou puis je claque la porte et d’un pas affirmé je rejoins le métro. C’est la tête haute que je marche, j’ai décidé de vivre, d’être fier de ce que je suis et de braver mes pensées. Quoi de mieux pour affronter sa solitude que d’aller prendre un verre seule dans un bar ?

J’attends le métro partagée entre impatience et crainte. Puis je m’installe sur un fauteuil au milieu de la rame. Le métro c’est un moment de transit dans la vie des gens et c’est pourquoi j’adore imaginer ce qu’ils ont pu faire avant et ce qu’ils feront après. Pourquoi sont-ils là ? Entre la bande de potes déjà bien alcoolisée et l’homme en costard cravate caché dans un coin à lire le journal, il y a un point commun. Tous sont là pour quelques minutes, par choix ? J’en doute. Le métro c’est des rencontres éphémères qui se limitent bien souvent à un regard ou un sourire mais aussi parfois à un mot, une phrase, une attention. A l’image des films de Woody Allen c’est dans ce métro que les histoires de chacun viennent s’entrechoquer et parfois même interagir.

Le métro s’arrête, ma destination est atteinte, le Vieux Lyon. Comme à mon habitude je sors du métro pressée puis je remonte les escalators sur un rythme endiablé. Pourquoi est-ce que je remonte ces escalators ? Une fois arrivée tout en haut je suis essoufflée comme si j’avais couru un marathon, est-ce une manière de me rassurer sur ma forme physique ? Ou bien est-ce parce que les 5 minutes d’immobilité totale qu’impose l’escalator me font peur ?

A la sortie du métro c’est la tempête, le vent souffle fort et la pluie est torrentielle. J’ajuste mon manteau puis mon écharpe, j’enfonce mes mains dans mes poches et je me lance. D’un pas assuré je fonce vers le Barbas. Le Barbas c’est le premier bar où je suis allée sur Lyon, depuis ma première fois la bas c’est devenu mon QG, je connais les barman, le patron mais aussi les quelques habitués. Je tire la porte du Barbas, ça y est je me sens chez moi. Le vigile s’approche de moi et m’enlace pour me dire bonjour, le patron arrive ensuite me faire la bise et prépare mon verre sans attendre que je lui demande.

Ma pinte de Grimbergen en main j’entame une conversation entre l’anglais et le français avec le vigile. Il s’appelle Christophe, c’est un homme d’une quarantaine d’année, grand, longiligne, assez maigre, il n’a plus de cheveux et plus beaucoup de dents mais ce n’est pas vraiment ce qui m’importe. La conversation tourne très vite autour des rencontre et des relations, Christophe m’explique que pour lui ce qui compte le plus c’est les moments d’échanges avec les gens, le sexe ne vient qu’après. Cependant je ne peux m’empêcher de penser à une chose :

  • Quand on va dans un bar on dit que c’est pour prendre un verre. Ce verre est toujours un verre d’alcool, si on voulait boire un jus de fruit on resterait chez nous. Alors finalement quand on va dans un bar n’est ce pas pour boire de l’alcool ? Et le but final de l’alcool c’est quoi ? L’état d’ivresse. Oui quand on va dans un bar ce n’est pas pour prendre un verre, la réalité c’est qu’on y va pour consommer de l’alcool et se retrouver dans un état de désinhibition. Cela ne me pose pas de problème mais il faut admettre les choses.
  • Quand on rencontre une fille ou un homme qui nous plait, certes les échanges que nous avons avec sont important mais la finalité de ces rapports cordiaux ne sont-ils pas l’acte sexuel ? En ce sens je remet en cause l’existence d’une relation homme-femme totalement désintéressée, oui car l’attirance sexuelle est le premier lien qui nous unit.

Aujourd’hui il n’y a pas beaucoup de monde au Barbas mais j’ai pu remarquer la présence d’un homme, seul à une table, une pochette bleue sous le bras et une pinte de Grimbergen sur la table. Cet homme se lève pour aller fumer et sors du bar. Jusque-là la situation ne semble en rien extraordinaire, cette rencontre semble insignifiante et pourtant.

Cet homme assis à cette table avec cette pochette bleu m’intrigue. Je ne l’ai jamais vu auparavant. A première vue je dirai qu’il a une trentaine d’année, il n’a pas de cheveux, il a la peau un peu bronzée et un piercing à l’oreille gauche. Que fait-il là, seul dans ce bar ? A chacun de ses déplacements dans le bar il ne se sépare jamais de sa pochette, que contient-elle ?

L’opportunité de parler à cet homme va très vite se présenter. En effet Christophe vient de finir le verre de cet homme par mégarde, Christophe ne parlant pas très bien français c’est moi qui fait l’intermédiaire entre les deux hommes. J’expose donc la situation et présente mes excuses, Christophe lui reprend une bière pour compenser son erreur.

A ce moment-là tout aurait pu s’arrêter et j’aurai pu vaquer à mes pensées, reprendre ma conversation avec Christophe ou même rentrer chez moi mais il n’en est rien. L’homme est debout à côté de moi, sa pochette bleu sous le bras et me regarde avec intérêt. Il me demande alors s’il peut se joindre à moi pour finir son verre, j’accepte sa requête. C’est alors qu’il me dit « désolé, je ne suis vraiment pas potable aujourd’hui », face à cette phrase d’accroche déconcertante j’ai rigolé bêtement en lui expliquant que cela m’indifférait puis nous avons entamé la conversation. Il n’est pas très grand, 1m68 je pense (ce qu’il me confirmera par la suite) et il est plutôt fin et peu imposant. La première chose à laquelle je pense c’est « pourquoi tu es là ? ». L’homme m’explique alors qu’il vient dans un bar depuis 1 an pour écrire des lettres mais que son bar venant de fermer il est venu au Barbas ce soir pour écrire sa lettre.

La pochette bleue a donc un sens, la lettre se trouve dedans mais que contient cette lettre ? A qui l’écrit-il ? Pourquoi ? Et surtout pourquoi l’écrire dans un bar ?

L’alcool coule à flot et la discussion se construit, il est 22h, nous parlons depuis plus d’une heure mais je ne sais toujours pas son prénom, est-ce important ? Cette pochette et cette histoire de lettre m’obsède et paradoxalement je n’ai pas envie de savoir ce qu’elle contient, je ne veux pas de réponses à mes questions. Nous abordons donc tous les sujets bateaux « quel âge as-tu ? », « tu viens d’où ? », « tu habite où ? » … Il est 22h30 quand il en vient à me poser la question de mon prénom « au fait comment t’appelle tu ? » Je répond à sa question et lui retourne l’interrogation, j’apprend donc qu’il s’appelle Matthieu alias Matt, il a 32 ans, il vit à 20 minutes de Lyon, il est formateur en informatique et ça fait 1 an qu’il écrit des lettres dans des bars. Après 2 pintes et 4 cigarettes partagées l’ambiance se réchauffe. Matt s’absente pour aller au toilette, à ce moment il part mais laisse sa pochette sur le bar, il me regarde et avec une part de timidité et d’inquiétude me dit « je te la laisse, tu la surveille ». Pourquoi cette pochette est si importante à ces yeux ? Ou plutôt pourquoi ce qu’elle contient compte tant pour lui ? Et en même temps pourquoi accepte-t-il de s’en défaire avec moi ?

A son retour je décide de m’absenter à mon tour pour aller aux toilettes aussi tout en lui laissant mes affaires. Idée débile ? Oui peut-être, inconscience ? Surement, mais il y avait quelque chose en lui qui me faisait comprendre que je pouvais lui faire confiance, est-ce parce qu’il venait de me laisser la garde de sa pochette ?

Après un tour express au toilettes je regagne le bar, c’est avec surprise et gène que Matt me dit « tu as été rapide dis donc ?! », il a des larmes pleins les yeux et semble effondré. Que s’est-il passé ? La pochette bleu est pourtant toujours là, mes affaires sont intactes, son verre est toujours plein, je ne comprend pas. Matt est pris de spasme et sanglote à nouveau, les larmes coule le long de ses joues et perlent sur son t-shirt. Il n’ose pas me regarder, il se détourne de moi et s’excuse.

Ce genre de situation ne m’était jamais arrivée, comment réagir  face à un homme de 11 de plus que moi qui s’effondre dans un bar après seulement 2h de discussion ? N’ayant pas de réponse à cette interrogation je décide de lui prêter attention pour mesurer sa réaction. Matt refuse mes bras, sèche ses larmes d’un revers de manche et me dis « ça va, je suis désolé ». Il ne me montre pas de signe d’envie de discuter de ce qui vient de se passer, je fais donc comme si il ne s’était rien passé et Matt enchaine les sujet de conversation. Il m’explique alors que depuis 1 an il vient dans un bar pour écrire des lettres, ces lettres sont toutes adressées à la même personne, si il vient dans ces bars c’est qu’après les avoir écrites il peut les déposer directement dans la boite au lettre de la personne. Il m’explique aussi que depuis 1 an il n’a pas fait de véritable rencontre hormis un homme avec qui il aime passer du temps. J’essaye de ne pas interpréter ses paroles mais mes pensées se bousculent, quelle relation as-t-il avec cet homme pour vouloir m’en parler ? Est-ce une manière de me dire sa sexualité ? A ces questions je me refuse de chercher des réponses, la vie intime de Matt ne me regarde pas, je recentre mon esprit sur les véritables questions qui m’animent, écrit-il les lettres à une ex-copine ? A un membre de sa famille ? Ces lettres sont-elles le seul moyen qu’il a trouvé pour soulager son chagrin ? Un chagrin d’amour ? Une perte grave ? Tout à coup l’idée qu’il ait une fille vient me frapper, ces lettres sont-elles destinées à sa fille qu’il n’a pas le droit de voir ?

Tout un tas de questions et constructions de pensée toutes plus farfelues les unes que les autres viennent se bousculer dans ma tête. Pour en savoir plus il va falloir faire les bons choix de conversation car l’intérêt des questions ce n’est pas tant les réponses mais plus le cheminement de pensée qui nous amène à cette question et le recueil d’éléments de réponse dans le discours de l’autre. Je pars donc à la pêche aux indices. Au cours de nos conversation j’ai compris que ces lettres étaient adressées à une fille, mais je ne sais pas quel type de relation il avait avec cette dernière cependant il m’a dit espérer que ça soit la dernière lettre qu’il écrirait. Je décide de me contenter de ces informations vagues, nous sortons fumer une dernière cigarette Il est 23h le clocher retentit, je décide donc de le quitter. Matt n’entend pas les choses de cette oreille, il veut que je reste encore un peu, qu’on discute 5 minutes, je décide donc de sortir du bar en sa compagnie pour aller m’installer près du square à quelques pas de là. Après avoir traversé la ruelle sombre qui sépare le bar du square nous nous arrêtons, il pose sa pochette bleu sur le bord d’un muret puis me regarde et se met à pleurer. Les larmes coule à flôt et glissent le long de son visage, il tremble traversé par le froid et la douleur de ses larmes. Je le regarde et décide de le prendre dans mes bras, il me sert, je lui caresse la nuque, il pleur de plus belle. A ce moment j’ai le sentiment que Matt met en moi des espoirs similaires à ceux qu’il a pu écrire dans sa lettre. Nous nous enlaçons, il m’embrasse, je lui retourne son baiser mais les larmes viennent embrouiller son regard, il baisse la tête et se détourne à nouveau de moi. Je le sers plus fort dans mes bras, je lui parle doucement et le rassure quand soudain il se relève, me regarde et me dit « va-t-en s’il te plait, va par là et je te rejoindrai ». Je n’ai pas compris le sens de cette phrase, il veut que je parte, finalement il ne veut pas de moi mais pourquoi ?

Sans un mot et sans me retourner je pars, je marche d’un pas décidée puis tourne dans une ruelle, je m’arrête et m’allume une cigarette. Que se passe-t-il ? Vais-je vraiment rentrer ? Va-t-on se séparer de cette manière ? Quel sens donner à cette rencontre ?

Je marche enfoncée dans mon écharpe et réfugiée dans mes pensées quand soudain une main m’attrape le bras et me tire en arrière. C’est lui, c’est Matt, il affiche un large sourire sur son visage, il me regarde avec tendresse, dépose ses mains sur mes joues et m’embrasse. La pluie tombe et les goutes coulent le long de nos visages, le vent souffle et le clocher sonne annonçant 1h du matin. Ca y est, il est trop tard pour que je rentre chez moi, mais comment est-ce possible qu’il soit déjà 1h du matin ? Je regarde Matt qui me tiens contre lui, il s’asseoit sur les marches de la cathédrale et je m’asseoi entre ses jambes. Il m’enlace….

L’Amour et le Bonheur

27 janvier, 2015

Depuis notre plus jeune âge on grandit dans une illusion de l’amour, une illusion qui avec l’âge se retrouve éclatée par cette même société qui nous impose un système de consommation excessif.

Les films nous vendent des relations inébranlables et inespérées, ils nous donnent de quoi rêver certes mais nous laisse dans la bouche le goût amer de notre triste réalité. La vraie vie n’est pas un film. Non, ton ex que tu aime toujours ne sera pas présent sur le quai de la gare à t’attendre un bouquet de rose à la main. Non, l’homme qui t’as trompé ne reviendra pas vers toi quelques semaines plus tard une bague dans la poche pour t’annoncer que « sans toi je ne suis rien ». Non,  tout ceci n’existe pas…Et pourtant c’est ce qu’on s’entête à nous vendre parce que la réalité est bien moins belle que ça. Dans la vraie vie ton copain te quitte comme une merde par sms, il te trompe à tout bout de champ ou juste il n’est pas aussi beau que tu l’aimerai.

L’amour est à la base un sentiment innée chez l’homme mais la société se l’est appropriée pour en faire un concept emplie d’espoir mais pourtant inaccessible. Une fois que l’homme aura compris que l’amour n’est pas ce que l’on veut nous faire croire alors à ce moment là seulement il sera capable d’aimer vraiment.

Nos société « évoluée » nous ont volés nos sentiments les plus intimes pour y déposer des convictions sociétales selon lesquels l’amour doit aboutir à une union de deux être dans le but de perpétuer l’espèce et tout ceci dans l’unique et ultime but d’entretenir la consommation. La réalité c’est que l’amour est un sentiment, dépourvu de toute ambition, né du dépôt de notre propre narcissisme en l’autre. Le seul et unique but de ce sentiment est l’accès au bonheur et le bonheur ne dépend pas de cette société consommable mais de l’ensemble de notre environnement humain et naturel. Le bonheur existe depuis la nuit des temps et dans toutes les sociétés, dans nos pays développé le taux de dépression est des plus élevé. Pourquoi ? Parce qu’on nous fait croire que la consommation est le but de notre vie et que le système imposé par l’Etat est notre seule alternative cependant on notera que les sociétés les « moins développées » sont pourtant celle où la population est la plus heureuse. Pourquoi ? Tout simplement parce que la seule chose dont l’homme à besoin pour vivre c’est d’un environnement stable aussi bien sur le plan psychique que physique et que cet environnement stable ne peut exister dans une société aussi mouvante que la nôtre, exploitant nos performance et entretenant la concurrentialité.